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Voyage du C.T.P.Ricard D'Arles, du 05 mars au 12 mars 2011
 
Samedi 05 mars, 16h, départ d'Arles. Aucun retardataire pour prendre la route direction l'Espagne. Nous sommes 50. La nuit nous emmène vers Cordoba, notre première étape.
 
Dimanche 06 mars au matin, on met pied à terre devant le pont romain, et nous franchissons le Guadalquivir pour entrer dans la vieille ville. José nous a trouvé un charmant hôtel (El Triunfo) où de nos chambres nous avons une vue imprenable sur la Mezquita et le fleuve. On pose les valises et on se précipite à la découverte de cette ville surprenante par tant de mélange de genres. Il y a tant à voir, nous restons dans le quartier ancien déjà bien vaste. La Mezquita est le point d'orgue de cette visite. Toute l'histoire de l'Andalousie se concentre dans cette construction que les conquêtes et les reconquêtes ont modifié au fil du temps. Nous errons ensuite dans les ruelles étroites où chaque entrée nous dévoile des patios luxuriants et, où les petites boutiques à foison, vous offrent leurs lots de souvenirs à emporter. Quelques tapas et quelques ampoules au pied plus tard, nous regagnons les chambres.
 
Lundi 07 mars - Direction Lora del Rio, nous passons la célèbre entrée de la Finca Zahariche. Nous sommes chez Miura. Sur 500m, nous traversons la propriété pour arriver devant la finca. Les terres s'étendent loin et sont couvertes d'une herbe fine et fleurie en cette saison. Le lieu est sans prétention. Nous entrons dans la cour, jetons un œil aux écuries où les poulains de 2 ans sont à l'attache. Antonio Miura arrive. L'élégance de l'attitude dans la simplicité. Après nous avoir parlé de son élevage de chevaux, nous nous dirigeons vers le tientadero. Nous passons devant le rond de longe, où son fils qui s'occupe du dressage, travaille un jeune cheval. Quelques bêtes à viande ruminent dans la cour du tientadero. Nous entrons dans la piste et Miura se prête patiemment aux questions de chacun. Dédicaces, photos, puis nous reprenons le car et faisons un arrêt devant les toros de la Féria d'Arles qui ont été amenés à notre intention au bord du chemin. Les bêtes imposantes, calmes attendent le signal du cavalier pour repartir vers leur pâture. Nous ne verrons pas d'autre bétail brave. Le visiteur est reçu avec respect, mais on ne lui laisse regarder le mythe que par le trou de la serrure.
 
Séville nous reçoit dans la soirée. L'Hôtel Becquer, à deux pas des arènes, est splendide. Nous flânons dans la ville, la nuit, sous les effluves des orangers lourds de fruits. Les monuments se succèdent : la Maestranza, la Tour d'or, la Cathédrale, les archives des Indes, la Giralda, etc.…. Les rues sont animées et les bodegas pleines. Tard dans la nuit certains d'entre nous iront écouter des chants intimes dans de petits tablaos du côté de Triana.
 
Mardi 08 mars - Une pluie soutenue nous accompagne à l'Ecole Royale Andalouse d'Art Equestre de Jerez, nous empêchant de profiter pleinement des extérieurs. Nous nous réfugions dans le Manège pour assister à la représentation de leur spectacle : " Como bailan los caballos andaluces ". Succession de tableaux parfaitement réglés. Les chevaux comme les écuyers sont de présentation irréprochable. Toute la panoplie de dressage classique et andalou est déroulée : reprise de dressage, doma vaquera, travail à pied, aux longues rênes, aux piliers, attelages, carrousel. Tout cela en musique avec grâce et légèreté qui nous font oublier le travail énorme que cela nécessite. Halte gastronomique chez " Gaitan " toujours à Jerez avant le retour vers Séville où nous nous éparpillons de nouveau.
 
Mercredi 09 mars - Journée Ortega Cano. Castilblanco de los Arroyos - Dehesa Yerbabuena. Vaste propriété vallonnée, couverte de chênes et ponctuées de bâtiments imposants. L'organisation est rodée, tout est pensé pour le visiteur. Nous traversons d'abord des patios impeccables d'où l'on a une vue dominante sur le domaine. On nous reçoit en nous offrant un cocido chaud au milieu des souvenirs taurins et intimes du maestro. Sa femme, la chanteuse Rocio Jurado, maintenant décédée, est omniprésente. Ortega Cano nous rejoint pour le reste de la journée. Aimable, souriant et affable, il aura une attention pour chacun de nous. On nous emmène dans des remorques aménagées vers un premier bâtiment de réception grandiose où un guitariste nous attend. Après quelques chansons, une autre collation, du rebujito et une petite danse surprenante du maestro, nous allons, toujours en remorque, découvrir les bêtes. Le maestro, à cheval, nous fait passer en bordure de chemin un lot de novillos noirs d'ébène au grand galop. Plus loin, quelques juments PRE de beau modèle attendent le pienso, et nous traversons le troupeau de vaches, un magnifique semental trônant au milieu. Le parcours se poursuit, nous verrons les juments cruzados, un lac aménagé, l'ermitage pour revenir se restaurer copieusement au son des chansons de Rocio, et faire le tour de la boutique de souvenirs où les produits de la propriété sont en vente. Alors que ce n'était pas prévu au programme, Ortega Cano nous fait la gentillesse de nous inviter à un entraînement. Un jeune torero, Rafael Cerro, vient faire ses gammes devant une vache et un novillo. Sous une pluie fine, et malgré un terrain glissant, le jeune homme s'exécute avec une certaine élégance devant un bétail intéressant. Ortega Cano, au capote, s'amusera à tirer quelques passes.
Fin de journée, nous quittons l'Espagne pour le Portugal. Soirée à l'hôtel Brasa d'Elvas où Pataca, impresario de forcados, nous accueille.
 
Jeudi 10 mars - Ortigao Costa. Heredade da Alcobaça - Elvas. Pataca nous emmène découvrir la ganaderia. Enorme propriété rurale. On nous charge dans une benne et, bringuebalant, on se dirige vers les toros. D'abord les 5 ans, puis, de parc en parc, les 4 ans, les 3 ans et les plus jeunes. Il y en a partout, le nombre est impressionnant, les bêtes magnifiques. Le nom d'Ortigao Costa, évoque surtout pour les amateurs de chevaux, un des élevages les plus réputés de chevaux PSL. Nous n'aurons pas la possibilité de nous y rendre. Passage par le moulin, où nous ferons tous nos réserves d'une huile d'olive dorée et fruitée.
 
Retour en ville, nous nous restaurons copieusement de morue traditionnelle avant de nous rendre chez Joaquim Bastinhas, rejoneador, dans sa finca Heredade da Algramasa toujours à Elvas. Le lieu est impeccablement entretenu. Nous entrons d'abord dans les écuries où de part et d'autre, les chevaux du caballero et de son fils, Marcos Tenorio, lui aussi rejoneador, nous accueillent. Box faits, paille fraîche, palefreniers au travail, les chevaux sont bichonnés. Tous avec une carrure d'athlète, attestant d'un entraînement poussé. Pendant que nous visitons le manège et la sellerie (de rêve), Marcos prépare les 2 chevaux de l'entraînement de l'après-midi. Joaquim Bastinhas nous rejoint tout sourire et nous allons prendre place dans les arènes. 2 vaches seront sorties. Comme toujours avec les vaches, les charges sont rapides, les courses longues et les réflexes vifs. Il faut beaucoup de réactivité devant et de la maîtrise. Marcos n'en manque pas et nous démontre la valeur de ses chevaux dans un style très portugais.
Petit tour dans Elvas, pour y admirer ses fortifications.
 
Vendredi 11 mars - Départ pour Calatayud où nous arrivons dans la soirée au " Monasterio de Piedra ". Cet ancien monastère reconverti en hostellerie de luxe est un vrai havre de paix. Nous passons une soirée reposante.
 
Samedi 12 mars - Nous visitons le monastère d'architecture cistercienne (XII éme siècle) sobre et lumineuse, ainsi que ses annexes transformées en musées. Malgré un temps grisâtre, nous prenons ensuite le chemin du Parc où le fleuve Piedra a façonné des paysages fantastiques. Nous prenons un grand bol d'air sur le parcours qui nous mène de cascades en cascades, en passant par les grottes et en logeant les lacs. Mais il nous faut partir, et nous reprenons la route sous la pluie qui ne nous quittera plus jusqu'à Arles.
 
L'ambiance sympathique d'un groupe d'aficionados avide de découvertes, la multitude et la diversité des gens et des lieux rencontrés, l'accueil chaleureux à chaque étape, la profusion de découvertes gastronomiques (Aïe, les kilos !), le confort des hébergements, font que ce voyage laissera dans nos mémoires un souvenir impérissable avec l'envie de recommencer.
 
 
Lise Freychet pour Toreria
 
 
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