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Rencontre avec David Mora

 
Véritable révélation de la temporada qui s'achève avec Ivan Fandiño, le madrilène était à Arles jeudi dernier, entre deux voyages outre Atlantique, pour y recevoir le trophée du club taurin La Muleta.
-Maestro, comment une carrière peut prendre une telle tournure en quatre ou cinq corridas ?
" Il faut que beaucoup de choses soient au rendez-vous et en même temps et avec une pincelada de chance. Je tiens d'abord à remercier Luc Jalabert qui m'a donné l'occasion d'être à Saint Martin de Crau en tout début de saison et les deux oreilles que j'ai coupé au dernier toro de Cebada Gago m'ont mis sur orbite, m'ouvrant pas mal de portes…. "
-Mais Saint Martin est une petite arène torista ….
" L'aficion française m'a beaucoup soutenu et aujourd'hui elle a prit une place importante, celle qui est la sienne dans le monde de la corrida, par sa rigueur, son sérieux … Et ses jugements font références "
 
Déjà David Mora avait marqué les esprits de novillero, à Céret, Lunel, Nîmes ou il gagna la Cape d'Or devant des Gallon. Après son alternative en 2006 il rentra dans un sombre tunnel comme la grande majorité des toreros
 
" Ces cinq années m'ont apprit à me forger une force morale, à travailler encore plus et à espérer que mon heure arrive… "
-Et après Saint Martin ?
" Tout s'est enchainé très vite et très bien. J'ai bénéficié aussi de poste de remplacement… qui ont conforté le tres bon moment que je traverse. J'ai coupé des oreilles à Vic Fezensac, San Sebastián, Pampelune, Arles, Nîmes, Almeria, Salamanca, Bilbao, Madrid… "
Madrid où il s'est d'abord distingué devant des toros de Palha le 1er juin, avant de couper une oreille quelques jours jours plus tard à un toro de Martin Lorca.
" Indiano " m'a permit de faire un véritable exposé de mon toreo et ce dans les arènes les plus importantes du monde, celles de Las Ventas. Je pense qu'il a véritablement influencé la suite".
À Aranjuez, il a même indulté un toro d'Alcurrucen, après l'avoir lui-même piqué.
 
-C'est par les corridas, dites difficiles que vous êtes passé de l'ombre à la lumière. Le David Mora d'aujourd'hui va t il continuer à combattre des Cebada Gago, des Dolorès Aguirre, des Palha, des Escolar Gil ?
" Certainement même si je vais renter dans des cartels de luxe. J'ai gardé mon apoderado (Antonio Tejero) et mes convictions. Il n'y a que les Victorino avec lesquels je ne me suis jamais bien entendu et que je n'ai pu exprimer mon toreo… "
Son toreo, ce sont des faenas de 30 passes efficaces, rarement plus, ou il affiche son esthétique classique, parfois avec profondeur devant des toros encastés, sérieux et durs, réconciliant ainsi les toristas et les toreristas.
-Bon nombre de voix d'aficionados, et beaucoup en France s'élèvent contre la mascarade de Quito et vous faite parti des toreros qui y ont participé …
" Ce qui se passe à Quito est très préjudiciable pour la corrida. Dans un premier temps, si aucun torero n'avait accepté d'y aller, la feria aurait disparu et c'était donner raison aux abolitionnistes et au président équatorien. Personnellement je n'y retournerais plus dans ces conditions. Mais c'est aux aficionados quiteños d'expliqué aux gens, au monde, que le toro est achevé lamentablement dans les corrales. Peu le savent, il faut leur expliquer et leur faire comprendre qu'un toro doit mourir dans l'arène dignement, en toute loyauté. C'est toute l'hypocrisie du système qu'ils doivent dénoncer avec forces pour que la plus belle des ferias sud-américaine retrouve la place qui était la sienne."
-Bogota, Manizales, Medellin, le Venezuela l'attende maintenant avant le début de la saison 2012 en Europe ou il sera de toutes les grandes ferias … Et pourquoi pas à Saint Martin de Crau devant des Cebada Gago …
Propos recueillis le 8 décembre à Arles
 
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